
Pendant longtemps, exercer en zone rurale était perçu comme un choix “à contre-courant”. En 2026, la réalité est toute autre : de plus en plus de professionnels de santé choisissent les territoires ruraux pour construire une activité rapidement, travailler en collectif et retrouver une qualité de vie plus équilibrée.
Aujourd’hui, en Nouvelle-Aquitaine, plus de 3,7 millions d’habitants vivent aujourd’hui dans des zones médicalement sous-dotées, soit près de 63 % de la population régionale. Autrement dit : les besoins en professionnels de santé sont immenses.
Une patientèle qui se construit immédiatement
Dans de nombreux territoires ruraux, les professionnels de santé partant à la retraite ne sont plus remplacés. Résultat : lorsqu’un nouveau praticien s’installe, la demande est déjà là.
En médecine générale, mais aussi chez les kinésithérapeutes, orthophonistes, sages-femmes, psychologues ou infirmiers libéraux, certains cabinets atteignent leur patientèle cible en quelques semaines seulement.
La situation est particulièrement marquée dans plusieurs départements de Nouvelle-Aquitaine :
- la Creuse ;
- la Dordogne ;
- les Landes ;
- le Lot-et-Garonne ;
- certaines zones du Béarn ou du Pays Basque intérieur.
Dans la Creuse par exemple, il reste aujourd’hui moins de 100 médecins généralistes pour tout le département, avec une moyenne d’âge très élevée.
Certaines communes recherchent activement des professionnels depuis plusieurs années.
La Nouvelle-Aquitaine : une région fortement touchée par les déserts médicaux
La région est aujourd’hui l’une des plus concernées par les tensions d’accès aux soins en France.
Selon les données de l’ARS Nouvelle-Aquitaine :
- plus d’un Néo-Aquitain sur deux vit dans une zone considérée comme fragile pour l’accès aux soins ;
- les zones ZIP (Zones d’Intervention Prioritaire) progressent chaque année ;
- plusieurs territoires périurbains commencent eux aussi à manquer de professionnels.
Contrairement aux idées reçues, les difficultés ne concernent plus uniquement “les campagnes isolées”. Certaines zones proches de villes comme Bordeaux, Pau ou Bayonne connaissent déjà de fortes tensions sur les délais de rendez-vous.

Les aides à l’installation en 2026
Pour répondre à cette situation, l’État, l’Assurance Maladie et les collectivités ont renforcé les dispositifs d’aide.
Depuis le décret du 12 mars 2025, les aides ont été simplifiées afin de rendre les installations plus lisibles pour les professionnels de santé.
Les principales aides disponibles
Selon les professions et les territoires, il est aujourd’hui possible de bénéficier :
- d’aides forfaitaires à l’installation ;
- d’exonérations fiscales ;
- d’aides au logement ;
- de subventions des collectivités ;
- de loyers réduits ;
- d’aides à l’équipement du cabinet ;
- d’accompagnements administratifs.
Les zones les plus aidées sont les fameuses ZIP (Zones d’Intervention Prioritaire), identifiées via l’outil national REZONE.
Le dispositif REZONE : un outil devenu incontournable
Avant toute installation, les professionnels peuvent aujourd’hui analyser :
- le niveau de densité médicale ;
- les besoins du territoire ;
- les aides disponibles ;
- le potentiel de patientèle ;
- les dynamiques démographiques locales.
Grâce à REZONE, il devient beaucoup plus simple d’anticiper la viabilité économique d’une installation.
Des collectivités désormais très offensives
Face aux tensions médicales, les collectivités locales ont changé de posture.
Aujourd’hui, beaucoup de communes rurales cherchent activement à attirer des soignants et proposent :
- des locaux clés en main ;
- des loyers modérés ;
- des aides financières ;
- une aide au recrutement de secrétariat ;
- des solutions de logement temporaire ;
- un accompagnement pour le conjoint.
Dans certains territoires, les mairies investissent directement dans des maisons de santé ou des pôles de santé afin de sécuriser l’arrivée de nouveaux praticiens.
L’exercice coordonné change aussi la donne
Autre évolution majeure : le développement massif de l’exercice coordonné.
En Nouvelle-Aquitaine, on comptait déjà près de 200 centres de santé en 2024, avec une progression de plus de 10 % des structures médicales et polyvalentes en un an.
Cette dynamique transforme profondément l’image de l’exercice rural.
Aujourd’hui, de nombreux professionnels recherchent :
- du collectif ;
- des échanges entre praticiens ;
- une organisation plus moderne ;
- un meilleur équilibre de vie ;
- des locaux adaptés ;
- des projets de territoire cohérents.
Les maisons de santé, pôles de santé et CPTS permettent justement de répondre à ces nouvelles attentes.

Pôle de santé « L’Orée du Yet » à Saint Paul lès Dax (40).
Un changement de mentalité chez les jeunes professionnels
Le sujet devient également très présent dans les débats autour de la régulation de l’installation des médecins.
Sur les réseaux et les forums professionnels, beaucoup reconnaissent que les zones sous-dotées offrent aujourd’hui :
- une patientèle immédiate ;
- davantage de sens ;
- un impact concret sur l’accès aux soins ;
- parfois une meilleure qualité de vie que dans les grandes métropoles.
L’époque où le rural était systématiquement vu comme un “sacrifice professionnel” semble progressivement évoluer.
Le vrai enjeu : bien choisir son projet
S’installer en zone rurale ne signifie pas accepter n’importe quelles conditions.
Le succès d’une installation dépend surtout :
- du projet immobilier ;
- de la dynamique locale ;
- de l’environnement professionnel ;
- de la coordination entre soignants ;
- de la qualité des locaux ;
- de l’accompagnement proposé.
Aujourd’hui, les professionnels recherchent autant un cadre d’exercice moderne qu’un territoire.
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